Revue Gabonaise d’Histoire et Archéologie, décembre 2021, n° 8
Disponible ICI

Grand-Bassam : aménagement et construction d’une cité au rythme des épidémies de fièvre jaune (1851-1900)

Toily Anicet ZRAN, Maître-Assistant, Département d’Histoire, Université Alassane Ouattara, Anicetzran@yahoo.fr

Résumé
Cet article démontre comment la lutte contre les épidémies de fièvre jaune a constitué le fil conducteur des politiques d’aménagement du territoire de Grand-Bassam, à l’époque coloniale. Érigée en premier chef-lieu de la colonie de Côte d’Ivoire, Grand-Bassam est perçue dès les premières missions d’exploration françaises, comme un site commercial stratégique. Cependant, l’insalubrité liée à son environnement favorise l’émergence de plusieurs meurtrières vagues d’épidémies de fièvre jaune, entre 1851 et 1899. En réponse, le colonisateur initie un train de politiques d’aménagement territorial, actualisées à chaque épisode épidémique. Malgré ces efforts de près d’un demi-siècle, l’hostilité de ce territoire fertile aux poussées épidémiques de la fièvre jaune contraint la France à délocaliser la capitale de la colonie à Bingerville, en 1900. À partir des sources d’archives et des travaux des auteurs antérieurs, l’étude met en relief l’impact des plans de prévention de la fièvre jaune sur la reconfiguration architecturale et environnementale de la ville, à l’époque coloniale.

Mots-clés : Épidémie – Fièvre jaune – Grand-Bassam – politiques d’aménagement.

Grand-Bassam: development and construction of a city at the pace of Yellow fever epidemics (1851-1900)

Abstract
This article demonstrates how the fight against yellow fever epidemics was the common thread of Grand-Bassam land use planning policies during colonial times. Established as the first capital of the colony of Côte d’Ivoire, Grand-Bassam was perceived from the first French exploration missions as a strategic commercial site. However, the insalubrity linked to its environment favours the emergence of several deadly waves of yellow fever epidemics, between 1851 and 1899. In response, the colonizer initiated a series of spatial planning policies, updated with each epidemic episode. Despite these efforts of nearly half a century, the hostility of this fertile territory to epidemic outbreaks of yellow fever forced France to relocate the capital of the colony to Bingerville, in 1900. From archival sources and based on the work of previous authors, the study highlights the impact of yellow fever prevention plans on the architectural and environmental reconfiguration of the city during the colonial era.

Keywords: Epidemic - Yellow fever - Grand-Bassam - development policies.

Le Centre Professionnel d’Apprentissage (CPA) Sainte-Marie de Libreville : un établissement atone, 1854-1990

Gabriel ELLA EDZANG, Docteur en Histoire, gabrielellaedzang@yahoo.fr

Résumé
Le 28 septembre 1844, les catholiques conduits par le Père Jean-Rémi Bessieux et le Frère Grégoire arrivent au Gabon en provenance du grand vicariat apostolique des Deux-Guinées et s’installent sur l’actuel site de la Mission Sainte-Marie de Libreville. Pour satisfaire leurs besoins en biens manufacturés et s’affranchir des importations de la métropole, la formation des ouvriers s’avéra opportune. En 1854 a été créée « l’œuvre des apprentis », qui fut officialisée en 1863, ancêtre du CPA Sainte-Marie de Libreville. La présente étude voudrait donc mettre en relief les faiblesses de cette plus vieille institution catholique de formation professionnelle à l’époque coloniale et postcoloniale, notamment la mainmise de l’administration coloniale française sur le secteur éducatif, la non-reconnaissance d’utilité publique du CPA Sainte-Marie par les nouvelles autorités du Gabon indépendant, le refus de sa décolonisation et sa négligence par la hiérarchie catholique.

Mots-clés : Centre-Sainte-Marie-Libreville-Apprentissage-Métiers-Faiblesses.

The Sainte-Marie Professional Learning Center in Libreville: a dormant institution, 1854-1990

Abstract
On September 28, 1844, Catholics led by Father Jean-Remi Bessieux and Brother Grégoire arrived in Gabon from the Great Apostolic Vicariate of the Two Guineas and settled on the present site of the Sainte-Marie Mission in Libreville. In order to satisfy their need for manufactured goods and to free themselves from imports from the metropolis, the training of workers proved opportune. In 1854, the “work of the apprentices”, which was formalized in 1863, was the ancestor of the CPA Sainte-Marie de Libreville. The present study would like to highlight the weaknesses of this oldest Catholic vocational training institution during the colonial and post-colonial period, notably the stranglehold of the French colonial administration on the educational sector, the non-recognition of the public utility of the CPA Sainte-Marie by the new authorities of independent Gabon, the refusal of its decolonization and its neglect by the Catholic hierarchy.

Keywords: Centre-Sainte-Marie-Libreville-Learning-Trades-Weaknesses.

L’intérêt économique et politique de l’institution de l’emprisonnement dans le cercle de Grand-Bassam par la France (1893-1916)

Assi Jean-Baptiste YAPO, Assistant au département d’Histoire, Histoire économique et sociale, Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), yapoassi99@gmail.com
Kambo Fabrice YAPO, Docteur en Histoire moderne et contemporaine, Histoire politique et sociale (Côte d’Ivoire), yapofabricekambo@gmail.com

Résumé
La Côte d’Ivoire devient colonie française le 10 mars 1893 avec pour capitale, Grand-Bassam. Pour asseoir son autorité, l’administration met en place des instruments pratiques dont la prison, pour circonscrire toutes les résistances. L’avènement d’une administration pénitentiaire induite par l’établissement du système carcéral relève d’une approche volontariste de substitution des réalités africaines du point de vue judiciaire par le droit commun européen et ses ramifications. La prison fut, à cet effet, au cœur de la réalisation des projets économiques et politiques de la France en Côte d’Ivoire. Fondée sur des sources d’archives, des articles de revues et une bibliographie variée, la présente étude met en exergue, la contribution de l’emprisonnement dans l’acquisition de l’hinterland de la colonie puisqu’en 1893, son contrôle était plus focalisé dans ses parties méridionale et maritime.

Mots-clés : Institution - emprisonnement - cercle de Grand-Bassam- colonie de Côte d’Ivoire - capitale.

Economic and political interest of the institution of imprisonment in the precinct of Grand-Bassam by France from 1893 to 1916

Abstract
Ivory Coast becomes a French colony since 10 march, 1893 with Grand-Bassam as a capital city. To strengthen its domination, the colonial administration sets upon pratical instruments, included prison to smother all kinds of resistances. The coming of penitentiary administration induced by the settlement of penal denotes the colonisator to subdue african realities from judiciary view point. Prison was indeed for this purpose the center of the accomplishment of both political and economical projects of France in Ivory Coast. Based on archives’ sources, articles of reviews and selected bibliography, this current survey brings into light the contribution of emprisonment in the acquisition of forland by colonial power till 1893, its control was based on its maritime and meridional sides.

Keywords: Institution, custody, precinct of Grand-Bassam, colony of Ivory Coast, capital city.

Houphouët-Boigny et la République Populaire de Chine : de la méfiance au pragmatisme (1960-1983)

N’dri Laurent KOUAKOU, Université Alassane Ouattara-Côte d’Ivoire, kouakoundrilaurent@yahoo.fr
Konan Aimé DJAHA, Université Alassane Ouattara-Côte d’Ivoire, aimekonan91@gmail.com

Résumé
Après avoir œuvré pour l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance le 7 août 1960, Houphouët-Boigny marqua un désamour à l’égard de la République populaire de Chine. En fait, les choix stratégiques de la Côte d’Ivoire devenue indépendante en matière de politique étrangère étaient largement tributaires du processus suivi par la décolonisation du pays lequel a fait la part belle à Houphouët-Boigny et au maintien des relations amicales avec la France. Ainsi, entre l’indépendance en 1960 et 1983, c’est la République de Chine, soit Taïwan qui fut reconnue par Abidjan. Pourtant, au fil des années, la tension se désamorça et des contacts se nouèrent entre Abidjan et Pékin. Ceux-ci devinrent officiels le 2 mars 1983 lorsqu’après vingt-trois ans de brouille, les deux pays se reconnurent mutuellement et établirent des relations diplomatiques dans un nouvel esprit, celui de la coopération. Dès lors, une nouvelle ère s’annonça dans leur histoire commune. L’objectif de cette contribution est de mettre en lumière les enjeux majeurs liés à ce revirement politico-diplomatique entre la Côte d’Ivoire et la Chine populaire. Notre analyse s’appuie sur des recherches documentaires et quelques témoignages oraux.

Mots-clés : Coopération, Chine populaire, Côte d’Ivoire, Diplomatie, Enjeu, Reconnaissance, Taïwan.

Houphouët-Boigny and the People's Republic of China: from mistrust to pragmatism (1960-1983)

Abstract
Houphouët-Boigny was disenchanted with the People’s Republic of China. In fact, the strategic choices of Côte d’Ivoire, which had become independent in terms of foreign policy, were largely dependent on the process followed by the decolonization of the country which gave pride of place to Houphouët-Boigny and the maintenance of friendly relations with France. . Thus, between independence in 1960 and 1983, it was the Republic of China, or Taïwan, that was recognized by Abidjan. However, over the years, the tension eased and contacts were established between Abidjan and Beijing. These became official on March 2, 1983 when, after twenty-three years of estrangement, the two countries recognized each other and established diplomatic relations in a new spirit, that of cooperation. From then on, a new era dawned in their common history. The objective of this contribution is to highlight the major issues linked to this politico-diplomatic turnaround between the Ivory Coast and the People’s Republic of China. Our analysis is based on documentary research and some oral testimony.

Keywords: Cooperation, People’s China, Ivory Coast, Diplomacy, Stakes, Recognition, Taïwan.

La contribution du convoyage du bétail au développement social du Cameroun : cas du convoyage entre Ngaoundéré et Douala 1974-2010

Édouard DJOMDI, Ph.D Histoire Économique et Sociale, Université de Douala, djomedou@live.fr

Résumé
Malgré son industrialisation timide et disparate, malgré ses abondantes ressources naturelles, le Cameroun reste un pays dépendant des activités agro-pastorales. Ainsi, son économie revêt un caractère pluridimensionnel et différentiel. Dans cette optique, l’agriculture et l’élevage du gros bétail constituent l’une des mamelles nourricières du pays. En se basant sur la démarche épistémologique et en utilisant une variété de sources (primaires et secondaires notamment), cette réflexion aborde les différents aspects du rôle social de l’élevage bovin au Cameroun. Il insiste particulièrement sur le rôle de l’élevage comme générateur d’emplois, mais aussi comme élément de socialisation et d’intégration différentielle dans un pays comme le Cameroun qui est jaloux de son unité à travers sa diversité culturelle et économique. En outre, cette étude révèle que le bétail fait l’objet d’une perception identitaire, politique et économique au sein des sociétés camerounaises et ses activités connexes sont source de revenus considérables.

Mots-clés : élevage, développement social, convoyage, intégration sociale, contribution.

The contribution of livestock transport to social development in Cameroon: the case of transport between Ngaoundéré and Douala 1974-2010

Abstract
Despite it’s slow and matched industrialization, match withstanding its abundant natural resources, Cameroon is the country that depends on agro-pastoral activities. Thus, his economy has a multidimensional and differential facture. On this optics, agriculture and cattle- breeding constitute one importance in this country. Using on epistemology approach, primary and secondary sources especially, this papers tackles different aspects of the social role of cattle-breeding in Cameroon. It focus particularly on the role of cattle-breeding as a source of employment but also as a factor of integration and differential socialization in a country like Cameroon while is jealous of its unity through its cultural and economic diversity. Moreover, this study resend livestock has on economic, political and identity perception within Cameroonian society and its related activities are a source of huge income. Jealous of its unity through its cultural and economic diversity.

Keywords: cattle, Social development, Social integration, Cameroon, Contribution, Convoy.

Les politiques publiques de l’énergie solaire au Gabon, 1979-2019

Rodrigue LEKOULEKISSA, Maître-assistant en Histoire économique et sociale, Université Omar Bongo, Département Histoire et archéologie, Lekou.rod@gmail.com

Résumé
Les expérimentations publiques de l’énergie solaire observées au Gabon au début des années 1980 découlent de la politique de valorisation des énergies renouvelables. Soutenu et accompagné par des partenaires, le pays initie des expériences pour promouvoir cette énergie. Mais les choix énergétiques internationaux et les problèmes d’entretien des installations acquises induisent un fléchissement dans la promotion de l’énergie solaire. C’est à la faveur d’un nouvel engouement pour le solaire, visible à l’échelle internationale dans les années 2000, que le gouvernement gabonais réintègre la technologie solaire dans les programmes d’électrification du territoire. Un train de projets d’équipements solaires, fortement tourné vers le milieu rural, est lancé. À ces efforts des pouvoirs publics se couple une série d’initiatives privées, donnant plus de visibilité à la diffusion publique de l’électricité solaire. À partir des sources diverses, l’étude met en relief l’évolution des politiques publiques en faveur du solaire photovoltaïque au Gabon.

Mots clés : Énergie solaire photovoltaïque – village – équipement – lampadaire.

Public policies for solar energy in Gabon, 1979-2019

Abstract
The public experiments with solar energy observed in Gabon in the early 1980s stem from the policy of promoting renewable energies. Supported and accompanied by partners, the country is initiating experiments to promote this energy. But the international energy choices and the maintenance problems of the acquired installations induces a decline in the promotion of solar energy. It was thanks to a new craze for solar, visible internationally in the 2000s, that the Gabonese government reintegrated solar technology into the territory’s electrification programs. A series of solar equipment projects, strongly oriented towards the rural environment, is launched. These efforts by the public authorities are coupled with a series of private initiatives, giving more visibility to the public distribution of solar electricity. From various sources, the study highlights the evolution of public policies in favor of solar photovoltaic in Gabon.

Keywords: Solar energy photovoltaic – village – equipment – street lights.

Perspective de reconfiguration de la géographie de l’exploitation minière au Gabon pendant le premier boom minier mondial du XXIe siècle (2003-2011)

Robert Edgard NDONG, Chargé de recherche, IRSH/CENAREST (Gabon), edgardndong@yahoo.fr

Résumé
De 2003 à 2011, le secteur minier mondial connaît une expansion à laquelle le Gabon n’est pas en marge. Pays doté d’un riche potentiel minéral, le Gabon est convoité par des multinationales. Disséminés à travers le territoire, les nombreux projets qu’elles entreprennent dessinent les contours de trois bassins miniers. Bassin minier traditionnel, le Haut-Ogooué est en cours de consolidation. Outre l’exploitation du manganèse de Moanda effective depuis les années 1960, plusieurs projets d’exploration avancée sont effectués dans d’autres localités (Franceville, Okondja et Bakoudou). Dans le reste du pays, les principaux projets qui présagent la naissance de nouveaux bassins miniers sont localisés dans les provinces du Moyen-Ogooué et de l’Ogooué-Ivindo. Fondée sur une méthodologie mixte puisqu’elle combine des données qualitatives et quantitatives extraites de sources d’archives, de sources imprimées et d’une littérature grise diversifiée, l’étude montre que pendant la première expansion du secteur minier mondial du XXIe siècle, le Gabon enregistre d’importants projets d’exploration minière qui laissent entrevoir le remodelage de son espace consacré à l’exploitation minière.

Mots-clés : Gabon, boom minier, géographie minière, projets miniers, bassins miniers.

A perspective on the reconfiguration of the geography of mining in Gabon during the first global mining boom of the 21st century (2003-2011)

Abstract
From 2003 to 2011, the global mining sector is experiencing an expansion in which Gabon is not excluded. Gabon, a country with a rich mineral potential, is coveted by multinationals. Scattered throughout the country, the numerous projects they are undertaking are outlining three mining basins. Haut-Ogooué, a traditional mining basin, is being consolidated. In addition to the exploitation of Moanda manganese, which has been effective since the 1960s, several advanced exploration projects are being carried out in other localities (Franceville, Okondja and Bakoudou). In the rest of the country, the main projects that presage the birth of two new mining basins in the provinces of Moyen-Ogooué and Ogooué-Ivindo. Based on a mixed methodology, combining qualitative and quantitative data from archival sources, printed sources and a diverse grey literature, the study shows that during the first global mining expansion of the 21st century, Gabon is experiencing major mining exploration projects that suggest the reshaping of its mining space.

Keywords: Gabon, mining boom, mining geography, mining projects, mining basins.

Accueil